Biochimie du stress - Sophrologie Saint-Mandé Montgeron - Véronique Quéval

Que se passe-t-il dans notre corps lorsqu’on est stressé ? Voilà une question qui me taraudait depuis quelque temps… J’ai alors suivi la formation du Dr Bouchot sur la biochimie du stress au CEAS et c’est avec son accord que je vais (essayer de)  faire un résumé…

Données initiales

Au départ, le stress est une adaptation et permet de mobiliser l’organisme afin de répondre à une agression : lorsqu’il y a danger, on respire plus vite, le rythme cardiaque s’accélère :  cette hyperventilation (inconsciente) va permettre de mobiliser les muscles pour ensuite se sauver ou combattre.

Hyperventilation et biochimie

Que se passe-t-il sur le plan biochimique lorsqu’il y a hyperventilation ?

Le taux d’O2 reste le même (on peut le mesurer avec un saturométre) mais le taux de CO2 diminue : lorsqu’on hyperventile, on vide très vite le CO2 du sang artériel. On enlève l’acide dans le sang en quelques secondes, le pH sanguin devient alcalin. Le pH du sang qui est habituellement à 7,4 passe rapidement à 7,42…

Si le sujet fait du sport, s’il combat ou s’il court, les muscles travaillent et rejettent du CO2 dans le sang veineux, ce qui normalise la capnie artérielle. Bref il y a rééquilibrage… (La capnie ou PaCO2 est la pression partielle en dioxyde de carbone (c’est-à-dire gaz carbonique) dans le sang artériel).

Mais, si le sujet ne fait pas d’effort physique, le CO2 baisse, le pH du sang monte : il y a alcalose respiratoire… Et cette alcalose induit une fermeture des artères :

  • soit dans le cerveau : le débit sanguin cérébral peut diminuer de moitié lors d’hyperventilation, étude de Ito (2005)
  • soit dans le cœur
  • soit dans le ventre
  • soit dans les muscles

Les conséquences physiques du stress

Les conséquences sont alors :

  • des vertiges sans nystagmus, migraines, céphalées, difficulté à se concentrer
  • troubles du rythme cardiaque, angors (angines de poitrine), douleurs atypiques (douleurs à la poitrine)
  • des diarrhées, ulcères à l’estomac, colopathie fonctionnelle
  • des douleurs musculaires, troubles du tonus, paresthésies, froideur des extrémités
  • au niveau biologique : perturbation du calcium, du phosphore, du magnésium

Alors que faire face au stress ?

Soit bouger, soit RESPIRER en privilégiant une expiration lente et douce ! Voici la respiration à pratiquer :

  • inspiration naturelle
  • expiration lente et douce
  • pause poumons vides
  • puis inspiration naturelle à nouveau etc…

Il est important de trouver son propre rythme et de ne pas créer dans la pause en fin d’expiration une « soif d’air », car l’inspiration suivante serait trop rapide et viendrait contrarier le retour à l’équilibre physiologique.

Cette respiration peut être utilisée en cas de stress à tout moment de la journée ; elle doit être pratiquée pendant quelques minutes afin de laisser au corps le temps de revenir à l’équilibre.

On peut utiliser les cordes vocales pour accompagner l’expiration afin de réguler le débit de sortie : on émet alors un léger son en même temps que l’on expire.

Intérêts en rééducation

Cette respiration est efficace contre :

  • attaques de panique
  • vertiges sans nystagmus (troubles de l’oreille interne)
  • douleurs thoraciques pariétales
  • épisodes de tachycardie
  • colopathies fonctionnelles
  • fibromyalgies
  • sevrage des benzodiazpines (anti-dépresseurs)

 

Ceci est le fruit du travail de thèse de Laurie McLaughlin, université d’Andrews, Michigan.

« La respiration est fondamentale pour l’obtention d’une bonne physiologie, psychologie ainsi qu’une bonne fonction musculo-squelettique. Toutefois, peu de praticiens connaissent la chimie respiratoire et comment elle régule notre physiologie et sa capacité à améliorer notre état physique et cognitif. On retrouve les signes d’une chimie respiratoire anormale chez un grand nombre de patients ; mais leurs présences restent encore trop souvent méconnues.
Une respiration excessive est la cause la plus répandue de dérèglement chimique et résulte en une déficience en CO2 appelée hypocapnie.
L’hypocapnie peut provoquer une variété de changements physiologiques pouvant être un frein à un bon rétablissement du patient.
La présence d’hypocapnie peut être déterminée par l’utilisation de la capnographie.
Très souvent dés lors que la physiologie et la mécanique respiratoire sont rétablies, les patients présentant des troubles musculo-squeletiques (lombalgies, cervicalgies et autre) généralement résistants aux traitements, deviennent plus réceptifs aux effets de la thérapie manuelle ainsi qu’aux exercices.
Même les patients connaissant ce que les anglo-saxons appellent une « central sensitization » souvent à l’origine de douleurs chroniques s’a
méliorent. » Laurie McLaughlin

 

Le Dr Bouchot est Masseur-kinésithérapeute, Docteur en médecine, lauréat de la faculté de médecine Paris XIII. Il enseigne à l’école de masso-kinésithérapie EFOM Fondation Boris Dolto en formation initiale et en formation continue. Il est aussi praticien agréé maître de stage des universités Faculté Renée Descartes Paris.

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